La Cuisine de ma mère – En vacances… à Gaillac 2016

Un vin de la semaine basé sur l’ingéniosité…

« …Bien que les problèmes et les catastrophes soient inévitables, les solutions, elles, ne le sont pas. » – Isaac Asimov
How Easy to See the Future! Natural History, Avril 1975, p. 92

La catastrophe a frappé la Vallée de la Loire 41 ans après qu’Isaac Asimov ait écrit ces mots. La solution est venue presque au même moment.

Au matin du 27 avril 2016, les producteurs de Chinon et de Bourgueuil ont un gros frisson en sortant du lit. Une vague de froid inhabituelle vient de frapper la région de Tours. Le mercure a dégringolé jusqu’à -6 ºC pendant la nuit, détruisant une grande partie des vignobles.

À Panzoult, le Domaine Grosbois est durement touché. 80 % des bourgeons sont perdus.

Au bout du fil, Nicolas Grosbois se rappelle ce douloureux moment: « On a eu trois nuits de températures négatives. (…) On n’avait pratiquement plus de raisins à vendanger. Il a fallu réagir. Soit, je licenciais du monde, soit je trouvais une solution pour faire travailler les gens et continuer à alimenter la production, notamment pour les gens de La QV, au Québec (son agence), qui m’avaient fait confiance ».

Vous devinez l’option qu’il a choisie. Nicolas ne manque pas de ressources. À la fin des années ’90, il quitte le nid familial pour un long voyage initiatique qui le mènera au Chili, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, plus précisément en Oregon. Partout, il travaillera avec les vignerons locaux, développant ainsi une expertise unique. Fort de ces connaissances, il décide donc, lors du gel de 2016, de recréer sa cuvée La Cuisine de ma mère, en travaillant à l’extérieur de Chinon. Deux semaines après le fait, il est déjà sur les routes du Sud-Ouest de la France, région épargnée par le froid, à la recherche d’autres vignobles qui pourraient l’aider à se sortir du pétrin.

« Je suis parti avec ma voiture vers le 10 mai. (…) À Gaillac, une appellation que je n’avais jamais visitée, je suis tombé par l’entremise de la famille Plageoles et de mon ami Laurent Cazottes, chez un monsieur qui s’appelle Olivier Jean qui a un joli domaine en biologie, sur les côtes de l’appellation Gaillac ».

Le courant passe bien entre les deux hommes. Monsieur Jean lui cède 15 hectares, lui permet de monter une équipe de vendanges manuelles, de vinifier dans ses cuves et même de modifier certains processus. « Il a très bien compris l’essence de notre travail, c’est quelqu’un qui est très à l’écoute, précise Nicolas. (…) On va maintenant vinifier pour une troisième année chez-lui. Ça se passe très, très bien. Cela a été une superbe rencontre ».

Le vigneron qui est revenu au domaine familial en 2008 dit avoir particulièrement profité de ses passages dans le Nord-Ouest américain et au pays des Kiwis. « En Oregon, j’ai travaillé dans une winery qui était très ouverte sur les expérimentations, (…) et en Nouvelle-Zélande, je travaillais pour un domaine qui s’appelle Pegasus Bay, sur l’Île du Sud. J’étais en charge d’aller chercher des raisins dans la région de Marlborough, à trois heures au nord, en voiture. On vendangeait la nuit et on ramenait les fruits le lendemain. Ce processus m’a beaucoup aidé (en 2016). C’est quelque chose que j’avais déjà fait là-bas, alors je me suis dit, je vais le refaire ici ».

Loire+Gaillac

Nicolas Grosbois a aussi reçu l’appui de ses représentants au Québec pour recréer La Cuisine de ma mère en Gaillac. Ce sont d’ailleurs les gens de La QV qui ont eu l’idée de rebaptiser le vin La Cuisine de ma mère,… En vacances à Gaillac. « On a une super-relation avec Cyril Kerebel (patron de La QV) et son équipe. (…) Quand j’ai dit à Cyril qu’on aurait pas de Chinon mais que je voulais faire le vin à Gaillac, il m’a dit vas-y. (…) On sera là pour t’aider et te soutenir. »

Voilà donc pour la petite histoire de ce vin qui est bio, comme le sont maintenant tous les produits du Domaine Grosbois. Cette cuvée de Gaillac est composée à parts égales de Merlot, Syrah, Duras et Braucol, aussi connu sous le nom Fer Servadou.

Joli assemblage pour un beau vin. C’est le genre de jus qui, personnellement, m’inspirerais à refaire le monde, si la compagnie est bonne, comme de raison!

Le producteur semble être assez d’accord avec cette affirmation. « Dans la cuisine de ma mère, il y avait toujours des ces bouteilles qui étaient des bouteilles de tous les jours, C’est l’idée de La Cuisine de ma mère. Il faut que ce soit ce vin-là! Cette bouteille qu’on place sur le bout de la table et qu’on boit sur deux ou trois jours. Ou, des fois, vous allez en boire quatre ou cinq parce que vous avez des copains qui passent. (…) Je suis même parfois un peu troublé parce que j’ai beaucoup plus de plaisir à boire La Cuisine de ma mère en version Gaillac qu’en version Chinon. J’y trouve plus de fraicheur, plus de fruit. (…) À Chinon, le climat étant plus froid, on obtient des tannins qui sont un peu plus serrés, un peu plus denses ».

Le Tourangeau a quand même réussi à produire deux Chinon, en 2016, La Cuisine de ma mère (21,65$) et le Gabare (31$). Les deux sont disponibles à la SAQ, mais l’inventaire qui n’était déjà pas énorme est presque totalement épuisé.

Qu’à cela ne tienne! D’autres produits de Nicolas Grosbois seront acheminés sur nos terres à l’automne. De son propre aveu un peu hyperactif, il a démarré un autre projet avec trois amis. Leur collectif, Les Tètes, produit des vins à partir de raisins qu’ils vont chercher un peu partout en France. « C’est super parce qu’on sort du système des appellations ce qui nous permet de réellement créer des vins différents. (…) On n’a pas la prétention de vouloir vendre des vins chers mais on a vraiment l’envie de faire des vins qui sont populaires et qui peuvent être achetés et bus par tout le monde ».

Noble mission que le Polyblogue encourage avec enthousiasme! On pourra goûter certains de ces produits dès le 1er novembre, lors de l’événement Raw Wine Montréal, au Belvédère du Vieux-Port. Il sera possible d’y rencontrer l’inventif vigneron qui ne se repose définitivement jamais!

 

IMG_0296

La Cuisine de ma mère – En vacances… à Gaillac 2016

Code SAQ : 13349800

Degré d’alcool : 13%

Prix : 20,75$

Je ne prétends pas être un œnologue ou un expert de la chose vinicole. Je suis un amateur, passionné, mais amateur tout de même. Donc, dans cette chronique, je vous présenterai les vins que Madame ma conjointe et moi-même aurons apprécié – toujours dans une brochette de prix qui tourne autour des 20$ et disponibles à la SAQ – avec quelques notes sur les producteurs. Ne cherchez pas de cote d’appréciation. Si le vin est ici, c’est que nous l’avons aimé. Aussi simple que ça!  

2 réflexions sur “La Cuisine de ma mère – En vacances… à Gaillac 2016

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s