Profil noble

Quinta da Barca, une maison inspirée de la noblesse portugaise, qui ne l’a pas toujours eu facile…

Au premier regard, Justina Teixeira dégage une impression d’austérité.

Lunettes aux montures épaisses, gros chandail de laine grise, les yeux froncés lorsqu’elle plonge le nez dans le verre de vin qu’elle s’apprête à goûter. Il faut dire que le temps ne prête pas à la rigolade. En cette journée de la fin octobre, le ciel du Vieux-Montréal est bien lourd. On aurait plus le goût de rester au lit que de participer à un salon des vins.

Justina Teixeira au Salon des vins d’importation privée, en octobre dernier, à Montréal.

« Bonjour Madame Teixeira. Auriez-vous quelques minutes pour faire une petite entrevue? » Elle me regarde, interloquée, retire ses lunettes, me sourit et c’est soudainement tout le soleil du Portugal qui vient illuminer la salle du Marché Bonsecours.

Un vieux vignoble

« Notre vignoble est l’un de plus vieux du Douro », me confie-t-elle, après que nous nous soyons installés à l’écart de la salle des exposants.

« Il est situé à la limite du Baixo Corgo, une des trois sous-régions du Douro. Mes parents l’ont acheté parce qu’ils adorent le vin et le travail de la terre. »

Ce qui est une bonne chose, puisque les parents Teixeira ont du repartir de zéro. « Ils ont décidé de créer des terrasses typiques de la région plutôt que de conserver ce qui était déjà là, précise Justina. Nous avons commencé à produire en 2005, mais puisque les bâtiments n’étaient pas prêts, nous avons dû louer des installations ailleurs pour travailler le vin avec des résultats qui ne nous satisfaisaient pas vraiment. »

Le vignoble de Quinta da Barca est finalement complété en 2007. La famille commence à y élaborer ses vins, des rouges au début, puis les premiers blancs suivent en 2009. « Depuis, nous ne cessons de nous améliorer, nous essayons des choses différentes année après année. »

Une des magnifiques vues de la région du Douro.
Photo: patrickzhang18 via Pixabay

Une de ces choses est d’amener le vignoble à la certification bio, une autre est de commencer à produire du Porto. « Nous avons certaines certifications et nous travaillons à en obtenir d’autres, précise la jeune femme. Notre vignoble est petit et ça prend donc un peu plus de temps. C’est la même chose pour le Porto. Nous avons le droit d’en produire, mais il faut apporter des modifications à nos équipements avant de procéder. »

Une affaire de famille

Les opérations de Quinta da Barca sont essentiellement une affaire de famille. Ils sont cinq à y travailler de façon permanente: les parents de Justina, son mari, elle-même et une autre personne qui s’occupe principalement des ventes nationales.

Toute la famille, incluant la petite de cinq ans de notre interlocutrice, habite sous le même toit, et donc, « on ne parle essentiellement que de vin, du matin au soir », nous avoue-t-elle en riant.

David contre Goliath

Mais les embûches sont nombreuses pour de petits producteurs et certaines sont plus lourdes que d’autres, notamment lorsqu’il faut se battre devant un tribunal pour des tracasseries administratives, contre des adversaires beaucoup plus gros. « Originalement, nous voulions donner le nom de notre vignoble, Quinta da Barca, à nos vins. Mais Sogrape (multinationale portugaise du vin) s’y est opposée parce qu’elle possédait déjà la marque Barca Velha. Nous avons été en cour avec eux jusqu’à l’année dernière, avant de nous résigner à choisir un autre nom. »

Une image – malheureusement un peu floue – des premières bouteilles de Busto produites par Quinta da Barca.
Photo : Justina Teixeira

« Nous avons opté pour Busto (profil en français), parce que nous avions mis le profil du marquis de Pombal sur nos premières bouteilles. D’autres ennuis légaux nous ont toutefois forcé à remplacer le marquis par un profil générique sur nos étiquettes. »

Pour les curieux, le marquis de Pombal est une figure majeure de la politique portugaise du XVIIIe siècle. Il a été un des premiers hommes de la planète à délimiter des régions vinicoles, dont la première dans le Douro, décision motivée par la protection de l’authenticité du Porto produit à l’époque.

Quinta da Barca au Québec

L’exportation des vins de Quinta da Barca vers le Québec a commencé il y a un peu plus d’un an. « L’Agence du château nous a approchés il y a environ deux ans. Nos discussions se sont poursuivies pendant un an et nos premiers vins sont arrivés ici en janvier 2018 », précise Justina.

Et ils sont très bons! J’ai beaucoup aimé les Colheita (récolte en français), dans le blanc comme dans le rouge. Ils sont malheureusement seulement disponibles en importation privée, mais à prix très corrects pour la qualité offerte.

« À l’initiative de Justina, nous avons essayé le blanc avec une crème caramel, nous a raconté Denis Marcil, fondateur de l’Agence du château. Nous étions réticents au début, mais nous avons rapidement été conquis! »

Pour notre part, Madame ma conjointe et moi l’avons adoré avec un poulet farci au fromage et aux épinards. Et nous avons aimé tout autant le rouge, qui a complimenté à merveille un rôti de filet mignon aux épices.

Le distributeur vous offre la possibilité de les acheter en boîte de six, formule plus flexible que l’imposante caisse de 12. Les Colheita rouge et blanc sont à 22,55$ les 750 ml. L’agence propose aussi un autre blanc, le Moscatel Galego à 25,65$ la bouteille et, pour les plus fortunés, le Busto Grande Eschola, à 63,35$ le flacon.

Une belle occasion de mettre un peu de soleil du Portugal dans votre cellier!

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