Domaine Virginie Thunevin 2015

Le mauvais garçon du vin de garage

par Guy Bertrand

Les plus célèbres critiques de vin ne se sont pas gênés pour accoler des étiquettes à Jean-Luc Thunevin. Le premier a été Michel Bettane (Guide Bettane et Desseauve), le second Robert Parker (The Wine Advocate).

Mais commençons par le commencement. C’est bien humblement que Monsieur Thunevin s’est lancé dans la production de vins à la fin des années 80. Le directeur d’exportation de ce qui est maintenant devenu le Château Valandraud, Xavier Serin, a bien voulu nous raconter les débuts de la maison: « Il n’avait pas de chais, il n’avait pas d’argent, alors il a retiré les voitures de son garage et il y a mis ses cuves. (…)

« Il a un peu pris exemple sur ce qui est arrivé à Silicon Valley où tous ces grands noms comme Hewlett-Packard et autres avaient commencé à travailler dans leur propre garage avant de pouvoir ériger ces grandes usines et ces grands bureaux. »

C’est à la suite de sa visite dans les installations du jeune vigneron que Michel Bettane a inventé le terme vin de garage et du même coup contribué à faire connaître le Château Valandraud, ce qui conduira plus tard à la flambée des prix des vins de Bordeaux, mais ça c’est une autre histoire.

LA RÉGION

CARTE

L’origine du nom du château vient en partie de l’emplacement de sa première parcelle de vignes dans la Vallée de Fongaban, à proximité de Saint-Émilion. « Donc, Valandraud c’est Val comme dans vallée et Andraud comme le nom de fille de sa femme, explique Xavier au bout du fil. C’est charmant, non?

– La famille a une grande importance pour lui?
– C’est soit ça où comme il le dit lui-même en s’amusant, il avait beaucoup à se faire pardonner à l’époque! »

HOMMAGE À SA FILLE

De la même façon, Jean-Luc Thunevin a voulu rendre hommage à sa fille unique en créant le Domaine Virginie Thunevin. « Il a eu l’occasion d’acquérir de très beaux terroirs localisés dans la commune de Lalande-de-Fronsac, près de Libourne. (…) C’était parfait pour y réaliser de jolis Merlots bien mûrs comme il les aime. »

Et aussi, une façon d’ajouter un produit plus abordable dans tous les sens à sa gamme de vins parce qu’il faut normalement avoir un portefeuille bien garni pour s’offrir les vins du Château de Valandraud.

« J’ai l’habitude de dire que c’est un Bordeaux typique pour les gens qui ne connaissent pas beaucoup les vins de la région. (…)

Il est rond, souple, facile à boire. On peut le déguster pour le simple plaisir de le faire, l’accompagner de viandes grillées ou d’un morceau de fromage. C’est vraiment le vin qui passe partout.

LE BAD BOY

Jean-Luc Thunevin n’a mis que quelques années à devenir une des vedettes de Saint-Émillion. Établi en 1989, le Château Valandraud n’a pas mis dix ans à conquérir les amateurs en produisant des vins d’une telle qualité qu’ils surprenaient le vigneron lui-même. En participant à une dégustation à l’aveugle au Québec, il s’extasie devant la qualité d’un des vins présentés. « Wow, il a dit celui-là est vraiment au top, j’aurais aimé faire ce vin, se rappelle Xavier. » Au moment de dévoiler les bouteilles, il s’aperçoit qu’il s’était émerveillé devant son Château Valandraud 1992.

Cela dit, le producteur n’a jamais hésité à bousculer les traditions dans les méthodes de vinification pour arriver où il est aujourd’hui. À ses débuts, il dérangeait tellement que Robert Parker l’avait baptisé le Bad Boy de Bordeaux.

Il n’en fallait pas plus pour qu’il lance la lignée Bad Boy qui compte cinq étiquettes, dont un Bad Girl et un Baby Bad Boy. Autrefois accessibles via nos magasins d’état dans une gamme de prix variant de 25 à 30 dollars, ces bouteilles sont maintenant seulement disponibles en importation privée via la division Galleon de Dandurand, le représentant de la famille Thunevin au Québec. Pour le moment, seul le magnum 2015 du Bad Boy original est visible, à un prix de 74 dollars.

Reverrons-nous cette gamme en SAQ? « J’y travaille ardemment, nous dit Xavier. » On lui souhaite de réussir, à condition qu’ils demeurent dans une fourchette de prix abordable. En attendant, levons notre verre à Virginie!

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Domaine Virginie Thunevin 2015

Code SAQ : 13448883

Degré d’alcool : 15%

Prix : 23,25$

Je ne prétends pas être un œnologue ou un expert de la chose vinicole. Je suis un amateur, passionné, mais amateur tout de même. Donc, dans cette chronique, je vous présenterai les vins que Madame ma conjointe et moi-même aurons apprécié – toujours dans une brochette de prix qui tourne autour des 20$ et disponibles à la SAQ – avec quelques notes sur les producteurs. Ne cherchez pas de cote d’appréciation. Si le vin est ici, c’est que nous l’avons aimé. Aussi simple que ça!  

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