Flying solo

Journalisme, éducation, libations et la sympathique crowd de Québec

Par Guy Bertrand

Il y a des week-ends qui sont faits de joies et de déception. Le mien a été comme ça.

Je suis à Québec depuis vendredi pour le congrès de la FPJQ. Ça fait des années que je n’ai pas participé (shame on me) pour un paquet de raisons toutes aussi mauvaises les unes que les autres.
Cette fois, je n’avais pas le choix, puisque je suis revenu au journalisme de terrain. Il faut donc essayer de faire des contacts, trouver une oreille sympathique, et espérer que quelqu’un ait la gentillesse de donner une chance à mon imparfaite prose. Or, je ne suis pas un expert des grâces sociales. Me vendre n’est pas ma plus grande qualité, mais bon, pour être lu, il faut vendre et pour vendre, il faut être vu.

Direction Québec, donc, à 06 h vendredi matin, pour ça mais aussi pour revoir ma tribu: ma fille, son conjoint et les deux adorables petits monstres qui ont hérité des titres de petits-fils #1 et #2, héritiers presque directs de mon trône, mais surtout de ma cave à vin, s’il en reste lorsque le trépas fera de moi une victime.
Mais je m’égare.

La décision de partir tôt est payante. Je suis au pied du Cap Diamant à 09 h, une bonne demi-heure avant le début de la première conférence du congrès.
J’arrive au coin de Dorchester, rue que je dois emprunter pour grimper dans la haute-ville, ce que je sais pertinemment mais que j’ignore parce qu’il y a trop de voitures devant moi qui veulent tourner dans la même direction et donc je prendrai la prochaine dont je sais pourtant qu’elle n’existe pas dans la direction voulue mais puisque je n’ai pas encore pris de café, mon cerveau est à zéro et j’y vais.
Je vous épargne les détails et je vous dit tout de suite que j’arrive à la conférence avec 10 minutes de retard.

Déception mineure qui va quand même bien tourner. Je m’explique : Je détecte une place à la dernière table au fond de la salle et je m’installe le plus discrètement possible en m’excusant auprès de mes collègues de les déranger.
Tout de suite, la jolie dame à ma droite retient mon attention. Je connais cette personne. Mais ma mémoire défaillante se refuse à moi. Je me tourne donc vers la fascinante conférence donnée par Jeff Yates et qui m’éduque sur comment être un bon détective du web. En passant, ce jeune homme est extrêmement brillant et vulgarise très bien. Si le phénomène des fausses nouvelles vous intéresse, c’est LA personne à suivre sur les médias sociaux.

Bon, cette conférence se termine et je m’aperçois honteusement que je l’ai passée assis à côté d’une amie Facebook! Rien de moins. Et une personne qui m’épate par l’intelligence de ses reportages et son implication dans le magnifique programme #30secondes avant d’y croire, Madame Eve Beaudin. On jase un peu et je suis rassuré. Elle ne se formalise pas de mon faux-pas.

Fast forward vers le cocktail du vendredi soir. J’y rencontre ma directrice-générale préférée (oui, c’est la seule mais elle est quand même ma préférée), Madame Catherine Lafrance.
La pauvre s’égosille à essayer de parler à la masse très indisciplinée des journalistes présents et annonce un paquet de bonnes nouvelles, toutes bienvenues au moment ou nos médias souffrent terriblement.

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Parmi celles-ci, elle nous présente l’édition d’un recueil d’articles commémorant les 50 ans de la Fédération… dans lequel se retrouve une de mes histoires. Je dois admettre que je n’étais pas super-enthousiaste à l’idée d’écrire un texte gratuitement pour un magazine. Mais bon, c’est le 50e, c’est la cause et la responsable Émilie Dubreuil est sympa. Je me suis donc mis à l’ouvrage.
Maintenant, en voyant un de mes bébés dans ce magnifique recueil à côté d’autres écrits de quelques unes des plus brillantes plumes du Québec… Comment dire? Petit velours ne le décrit pas adéquatement. Je suis honoré et je flotte sur un nuage. Gros plaisir, grande joie, immense fierté.

Bon c’est pas tout ça, faut se sustenter. Étant outsider depuis si longtemps à la FPJQ, je me résigne à bouffer seul en me disant que j’irai rejoindre le party plus tard…
Je me rends au Hobbit, endroit que je fréquentasse jadis lors d’une visite précédente au Village, pour un night cap pendant que Senora Marmotte composait une symphonie en zzzzzz.
Le sympathique Sébastien me propose une place au bar qui me va parfaitement.
Méga plaisir. L’humour est au rendez-vous. Les boys du Hobbit sont hip, nice et un brin disjonctés. My kind of crowd. La bouffe est aussi excellente et, en boni, un gentil alsacien chauffeur d’autobus / guide tourisitique / aspirant aviateur se joint à nous. Scotch(s) et rigolades multipliées.

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Vers 00h 30, je pose ma tête sur l’oreiller avec la béatitude du moine tibétain qui atteint le Nirvana (pas le groupe).

Je m’éveille avec zéro gueule de bois! Je me saisis de mon téléphone pour vérifier si Eugénie Bouchard ne m’aurait pas demandé de l’accompagner au Madison Square Garden pour une partie de basket, mais je constate au contraire, et à ma grande joie, que Somm360, une méga conférence sur la sommellerie me confirme mon accréditation pour l’événement qui commence… le lendemain soir.
Joie intense comme dirait mon amie Julie.
Je FaceTime ma spécialiste en zzzz et lui annonce que j’ai une très bonne nouvelle et une un peu moins bonne (je suis accrédité pour Somm360 mais nous ne partagerons pas le même repas le lendemain). Always a trooper, Miss Marmotte me donne sa bénédiction et après un solide petit-déjeuner, je retourne m’éduquer.

Je retrouve Eve qui donne la formation sur les #30sec accompagnée de son collègue Jeff et de Madame Line Pagé, la digne marraine de ce magnifique programme qui cherche à éduquer les plus jeunes sur les fausses nouvelles et leurs fâcheuses conséquences.

Après la conférence, déception majeure! Ma fille, digne progéniture de son père, a oublié que c’était la fête de son beau-père ce samedi soir. Me voilà flushé! Mais bon, Jean a aussi droit à l’amour de sa tribu. Qui suis-je pour me révolter? Nous convenons de nous retrouver le lendemain matin pour la partie de hockey de petit-fils #1. Ce sera une première pour moi. Il est mieux d’en scorer au moins trois. Mais non, j’écris ça seulement pour voir si vous suivez toujours.

Au lunch, j’ai le plaisir de discuter avec quelques monuments de l’info, Pierre Craig et Guy Gendron, de même qu’avec une charmante enseignante du programme de journalisme de l’UQAM. Beau moment mais quand même petite déception de ne pas voir de jeunes journalistes s’attabler avec ces généreuses personnes pour parler d’éthique et de déontologie. Sans doute un peu de timidité devant ces monuments.

Après-midi sans éclat mais instructif, suivi d’un joli cocktail où les collègues ont retrouvé un semblant de civilité pour écouter leurs dirigeants qui s’échinent à leur rendre la vie plus facile.

Autre souper solo (because le flush de ma progéniture) mais tout de même agréable Chez Jules ou le sympathique barman Charles et le reste de l’équipe – Laura, Cathy, Louis-Philippe me reçoivent avec chaleur et les honneurs dus à mon rang… Genre.

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Un beau Manhattan bien mixé plus tard, une excellente petite verte et une belle cuisse de canard accompagnent mon Cahors. Second Nirvana du week-end. Le karaoke du congrès m’attend. Qu’est-ce que je fais? Je m’arrête ou j’continue? Stop ou encore…*

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J’opte pour stop. Après une belle marche dans le Vieux-Québec étrangement désert pour un samedi soir, j’entre au bercail. Mais au moment de réintégrer ma chambre, le petit diable qui se trouve derrière mon oreille gauche me susurre qu’il y a certainement un night cap qui m’attend au bar.

Il n’y avait pas que ça, il y avait aussi un duo de sympathiques syndicalistes d’Unifor et la charmante Majorie, notre tenancière qui nous arrive tout droit de Val-d’Or. Très brillante, cette jeune dame, que je pense avoir convaincue de se tourner vers le journalisme (elle qui est notamment bachelière en histoire et en anthropologie).

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Je retourne vers ma chambre avec le sentiment du devoir accompli et l’espoir que Majorie ne m’en tiendra pas rigueur si elle décide de suivre ma recommandation.

La nuit est courte mais revigorante. Et je retrouve le lendemain mes chérubins pour un trop court mais intense moment. On se reprendra bientôt!

Allez, en route pour Montréal dans le brouillard et la pluie, un autre congrès m’attend!

*Inspiré de mon célèbre cousin belge dont le prénom est désormais honni…

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