Démare ne l’a pas volée!

Descripteur des courses de vélo à RDS et reporter spécialisé en sport amateur, Sébastien Boucher prend la relève de François Parisien pour commenter le dernier tiers du Tour de France sur Polyblogue.

Le Tour de France vu par un Boucher… Étape 18

Par Guy Bertrand

Montréal – La 18e étape du Tour de France en est une de transition. Aucune difficulté majeure à signaler le long des 171 kilomètres reliant Trie-sur-Baïse à Pau, qui accueille la Grande Boucle pour la 70e fois de son histoire. Après la dure épreuve de la veille, les meneurs au classement général ont une belle occasion de récupérer avant d’attaquer les étapes cruciales de vendredi et samedi.

Cinq coureurs se détachent du peloton dès le premier kilomètre.
Les Australiens de Mitchelton-Scott, Mathew Hayman, Luke Durbridge, le Néerlandais Niki Terpstra (Quick Step), le Français Thomas Boudat (Direct Energie) et le Belge Guillaume Van Keirsbulck (Wanty-Gobert) saisissent une des dernières chances de se faire voir.

Terpstra va chercher son premier point de montagne en haut de la côte de Madiran (catégorie 4).

Au km 67, quelques coureurs se retrouvent au sol, dont le vainqueur d’hier au Col du Portet, Nairo Quintana (Movistar), qui repart amoché.

Van Keirsbulck est le premier au sprint intermédiaire d’Aurensan. Il récolte 20 points.

Petit souci pour Hayman, victime d’une crevaison après le sprint. Le dépannage arrive au secours et il rejoint l’échappée.

À 60 kilomètres de Pau, les cinq coureurs qui roulent devant ont une priorité d’une minute 15 sur le peloton.

L’échappée entre dans la côte d’Anos (catégorie 4), à 20 kilomètres de l’arrivée, avec une avance réduite à seulement 25 secondes. Van Keirsbulck va chercher le point de montagne juste avant de voir le peloton le rejoindre. Le final se jouera au sprint.

Groupama-FDJ se tient en première ligne jusqu’à la toute fin. Arnaud Démare lance son sprint à 200 mètres de la ligne et devance son compatriote Christophe Laporte (Cofidis), sans problème.

 

Guy Bertrand : Démare s’était fait accuser, hier, par André Greipel de tricher pour entrer dans les délais. Le Français lui a répondu via les médias sociaux mais aussi à la pédale avec cette victoire d’étape.

Sébastien Boucher : Oui, j’ai hâte de voir la réaction de Greipel à cette victoire. Démare ne l’a pas volée. Toute son équipe a fait un travail impeccable du début à la fin. On a bien contrôlé l’échappée. Les coureurs qui roulaient devant étaient costauds, des gars d’expérience qui auraient pu causer des problèmes au peloton, c’est pourquoi on ne leur a jamais permis de creuser l’écart au-delà des deux minutes. La FDJ était constamment devant, on a vu un groupe bien organisé. Le sprint de Démare était parfait mais son poisson-pilote, Jacopo Guarnieri, a fait tout aussi bien en le déposant aux 200 mètres. La cohésion faisait défaut chez Groupama-FDJ lors de la première semaine, aujourd’hui c’était tout le contraire. On a dû pousser un soupir de soulagement à la suite de cette victoire.

G.B : À défaut de gagner des étapes ou de se battre pour un maillot, on peut dire que Direct Énergie a su montrer ses couleurs au cours de ce Tour.

S.B : Ils sont là pour ça, également! Évidemment, ils auraient aimé savourer une victoire d’étape comme l’année dernière avec Lilian Calmejane. Celui-ci a bien essayé d’aller en chercher une la fin de semaine dernière alors qu’il roulait chez-lui, mais il a été frustré à la fin. Pour une équipe invitée comme la Direct Énergie, il faut se montrer, il faut se battre, ce qu’ils ont bien fait en allant chercher cinq fois le titre de coureur le plus combatif. Les chances de gagner une étape sont maintenant restreintes, mais nous allons encore les voir attaquer demain car ils sont pratiquement de toutes les échappées. Chapeau!

G.B : Le Français Pierre Latour (AG2R) semble avoir le maillot blanc du meilleur jeune bien en mains. Que peux-tu nous dire sur lui?

S.B : C’est un coureur complet. Ce sera intéressant de suivre sa progression au cours des prochaines années. Il est phénoménal au contre-la-montre, du moins en France, où il est un cran au-dessus de tout le monde. Le mois dernier, il a remporté cette épreuve aux Championnats français sur route avec une avance de 2’23 sur Tony Gallopin. Lors de la sixième étape du Tour, au Mûr-de-Bretagne, on lui avait laissé carte blanche pour aller chercher la victoire, mais il a été devancé à la toute fin par Dan Martin (UAE). Ça démontre à quel point il a du talent et à quel point on croit en lui. En plus, c’est lui qui accompagne Romain Bardet en montagne. S’il reste chez AG2R pendant deux ou trois ans, il va continuer à appuyer Bardet, mais je ne serais pas étonné que l’équipe lui donne les responsabilités de leader sur le Giro ou la Vuelta pour qu’il développe cette expérience.

G.B : Demain, dernière étape de montagne entre Lourdes et Laruns, quatre cols, deux hors-catégorie, dont un à la toute fin (RDS, 08 h). Assistera-t-on un miracle?

S.B : Non. On a beaucoup parlé de la possibilité d’un « jour sans » pour Geraint Thomas (Sky), mais il a l’air en pleine forme. Il faut dire qu’il a été quand même assez conservateur depuis le début du Tour. On l’a vu attaquer à la Rosière dans les derniers kilomètres. On l’a vu puncher à l’Alpe d’Huez et hier également, mais pas de grandes attaques. Donc, il a encore l’énergie, la confiance et surtout une équipe magistrale. Cependant, je ne serais pas surpris de voir son coéquipier Chris Froome se porter à l’attaque, pas pour nuire à Thomas, mais pour obliger Tom Dumoulin (Sunweb) et Primoz Roglic (Lotto-Jumbo) à réagir puisque ceux-ci sont dans la lutte avec lui pour une place sur le podium. Ce sera à l’avantage de Thomas qui n’aura qu’à suivre le rythme pour conserver son avance au sommet du général. On va peut-être aussi tenter des grands coups. Est-ce que Bardet s’est refait une santé? Est-ce que les Movistar vont essayer quelque chose? C’est certainement possible, mais de là à menacer Geraint Thomas, non, je ne crois pas aux miracles.

Sébastien Boucher a entrepris sa carrière professionnelle de journaliste en 2007, à RDS, où il est toujours. Il est descripteur des courses cyclistes du réseau depuis 2013 et a couvert tous les Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal depuis leur création. Originaire de St-Ignace-de-Loyola, le reporter spécialisé en sport amateur, a assuré la couverture de grands événements comme les Jeux olympiques de Londres, les Championnats mondiaux de gymnastiques et plusieurs épreuves des Coupes du monde de ski alpin et de ski acrobatique.
Vous pouvez le suivre sur Twitter.

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