Call me Dom… Afonso Dom!

Séjour dans le berceau du Portugal

Par Guy Bertrand

C’est ici que tout a commencé. Dans ce château, perché au sommet de la colline qui surplombe Guimarães. C’est là qu’est né Afonso Henriques, fils d’Henri de Bourgogne, duc de Portucale par voie de mariage avec Dona Teresa, elle même progéniture d’Alfonso VI, roi de León et de Castille.

Un peu d’histoire

Au début du XIIe siècle, la péninsule ibérique est encore largement sous le contrôle des Maures sauf pour les régions du nord, dominées notamment par les forces chrétiennes d’Alfonso VI.

À la mort de celui-ci, comme c’est souvent le cas à cette époque, une jolie lutte de pouvoir, digne des meilleurs soaps, s’engage dans la famille. D’abord, son autre fille, Urraca, monte sur le trône alors que son petit-fils (fils d’Urraca), Alfonso Raimundez, devient roi de Galice. Dans l’autre branche de la famille, Henri de Bourgogne qui s’était tranquillement écarté du pouvoir central s’éteint à son tour en 1112 et son épouse Teresa poursuit dans la voie isolationniste et assure la régence des terres pour son fils et héritier Afonso.

Si l’on se fie à Wikipedia, ces images représentent dans l’ordre habituel, Henri de Bourgogne, Dona Teresa et leur rejeton qui deviendra Afonso 1er. Notez quand même la ressemblance frappante entre Henri et Afonso.

Mais voilà, tout se complique quand Urraca trépasse. Alfonso Raimundez devient Alfonso VII et décide de soumettre le duché de Portucale et donc sa tante Teresa. Celle-ci ne fait pas trop de chichis avec ça, mais au même moment, Afonso atteint la maturité et lui décide de se rebeller. Bref, Afonso se soulève contre maman et cousin et une dizaine d’années plus tard, en 1139, après une victoire particulièrement spectaculaire contre les Maures, il déclare à sa joyeuse bande: « À partir d’aujourd’hui, vous m’appellerez Dom Afonso. » Vous le savez, Dom est un titre réservé à la royauté. L’église catholique n’étant pas spécialement reconnue pour sa capacité à réagir rapidement, il faudra attendre 40 ans avant que le Pape Alexandre III le reconnaisse. Afonso 1er va utiliser ce temps pour multiplier les conquêtes et élargir son territoire jusqu’à Lisbonne.

Afonso 1er vous accueille en personne (ou presque) à votre arrivée au Castelo.

Tout ça pour vous dire que les ruines de son endroit de naissance sont encore là, au plus haut point de Guimarães. Une visite qui vaut le coup et au cours de laquelle vous aurez l’occasion d’admirer les documents de l’époque, dont la fameuse bulle papale qui assoit le bon Afonso sur son trône officiellement. Rafraichissez vos connaissances de latin avant la visite.

Il n’y a pas que le château…

Au guichet du château, on vous proposera, pour un modeste supplément, d’ajouter à votre forfait une visite au Palais des ducs de Bragance et au Musée Alberto Sampaio. Nous vous encourageons à le faire surtout qu’à huit euros par personne pour la totale, ça ne devrait pas vous mettre sur la paille.

Au Palais, vous pourrez admirer quelques meubles, tapisseries et armures de l’époque. Au moment de notre passage, il y avait aussi une petite exposition sur les croisades et les multiples dérivés du croisé. Non madame, il n’y avait pas que les Templiers qui étaient habiletés à chasser l’infidèle de la Terre Sainte! On pouvait aussi compter sur moult ordres de moines-chevaliers qui partageaient gaiement les massacres et qui étaient vraiment très proches… de leur prochain.

Le Musée Alberto Sampaio est quant à lui consacré à l’art religieux, et est d’ailleurs contigu à l’église et au couvent de Nossa Senhora da Oliveira, dont on a conservé quelques vestiges de la fondation qui remonte quand même au IXe siècle.

Viva Braga!

À une petite demi-heure de route de Guimarães se trouve la localité de Braga, fondée par les Romains il y a 2 000 ans. Elle est maintenant surnommée la ville des archevêques et pour cause.

Ici, vous trouverez la plus vieille cathédrale du pays, construite sous les ordres de l’ami Afonso 1er et où reposent ses parents, et le sanctuaire de Monte du Bom Jesus.

La cathédrale vaut le détour notamment pour son spectaculaire orgue et les non moins spectaculaires fresques qui ornent les plafonds.

Pour le Monte de Bom Jesus, ben faudra aller voir et me raconter. Ma fibre religieuse n’était pas à la hauteur de la montée exigée pour s’y rendre. Et puis, c’était l’heure de l’apéro et pour ça comme pour la bouffe, les choix ne manquent pas à Braga.

On vous recommande notamment la petite terrasse du Bar da Torre, juste à côté du Castelo de Braga qui n’est ni plus ni moins qu’une tour médiévale. N’ayez pas peur de mettre le patron au défi de vous trouver une bière comme vous les aimez. Si vous le voyez sortir l’échelle derrière le minuscule bar, vous êtes sur la bonne piste! Elle ne sera pas nécessairement portugaise, mais elle sera bonne!

Randonnée dans un parc national. Devinez lequel…

Puisque nous sommes dans la région, nous avons aussi profité du seul parc national du Portugal, le parc de Peneda-Gerês, qui s’étend sur 70 mille hectares à la frontière nord du pays. Nous avons privilégié l’entrée du parc qui se trouve à Campo du Gerês. Passé le terrain de camping, il y a un chemin de terre qui s’amorce à droite où on peut laisser la voiture pour amorcer la descente vers les rives de la rivière Homem. sur le chemin, on pourra notamment observer les ruines d’anciennes fortifications romaines. Arrivé au niveau de l’eau, trouvez-vous une grosse pierre plate, assoyez-vous là et profitez de la vue en grignotant votre sandwich. Plaisir assuré!

Sur la route de Gerês…

Le plan original prévoyait de reprendre la route et d’aller visiter la ville de Gerês. Dès le premier kilomètre sur la route M-533, nous avons bien vu que ce n’était peut-être pas l’idée du siècle lorsque nous avons franchi le premier virage en montant, complètement aveugle et sans garde-fou, qui a fait remonter en moi ce sentiment de catastrophe imminente et le niveau de stress de ma conjointe. Une chance, il y avait un bel espace pour se ranger quelques mètres plus loin, ce qui nous a permis de faire demi-tour. Ouf!

De retour à Braga, on se remet de nos émotions avec un bon verre de Sangria sur la terrasse du Café Vianna, face à la fontaine qui nous fait le cadeau d’un petit arc-en-ciel.

On aborde la dernière portion du voyage dans le prochain épisode.

2 réflexions sur “Call me Dom… Afonso Dom!

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