L’autre école belge…

Né neuf ans après Tintin, Spirou survit à son prédécesseur encore aujourd’hui.

Par Guy Bertrand

La bande dessinée belge, c’est évidemment beaucoup plus qu’Hergé et Tintin. Au printemps de 1938, l’éditeur Jean Dupuis fonde le Journal de Spirou, qui met en vedette un groom (employé d’hôtel) facétieux. C’est le début de l’école de Marcinelle qui va privilégier un dessin au style plus caricatural, par opposition à la ligne claire d’Hergé.

Centre belge de la BD

Un bon endroit, pour découvrir les principaux personnages de la grande famille de Spirou est le Centre belge de la bande dessinée.

Installé à Bruxelles, à une dizaine de minutes de marche de la Gare centrale, le CBBD est logé à l’intérieur d’un magnifique immeuble du début du XXe siècle, qui abritait autrefois le grand magasin de textiles Waucquez. Le musée a pris bien soin de préserver l’œuvre architecturale de Victor Horta, créateur de l’art nouveau belge.

Impossible de se tromper sur la destination. Dès notre arrivée au 20 rue des Sables, c’est nulle autre que Natacha, la célèbre hôtesse de l’air – dont la carrière a été lancée en 1970 dans le Journal de Spirou – qui nous invite à entrer. Dans le hall, quelques autres incontournables de l’école de Marcinelle comme Lucky Luke monté sur Jolly Jumper, Boule et Bill ainsi que la fameuse fusée lunaire de vous savez qui. C’est le Centre Belge de la BD après tout, pas seulement celui de Spirou.

Au premier, derrière les guichets, on a droit à l’historique de la BD, du temps de l’homme des cavernes jusqu’à aujourd’hui, en passant par l’Égypte ancienne et le Moyen-Âge.

Les amateurs de tous les âges seront aussi ravis de redécouvrir l’univers de Peyo et de ses Schtroumpfs, dont une jolie maquette représentant le village des petits hommes bleus (et de la Schtroumpfette, bien évidemment). Les fans se souviendront qu’avant de devenir un phénomène planétaire, les Schtroumpfs sont d’abord apparus dans une autre série de Peyo. Sauriez-vous la nommer? Pourriez-vous identifier l’album? Les réponses sont à la fin de l’article.

Au troisième sont installées les expositions provisoires, dont une sur la création québécoise Magasin Général, qui venait de se terminer au moment de ma visite. Pas de chance!

Par contre, belle présentation des nombreux liens qui lient la bande dessinée au monde des médias, dont une des pièces maîtresses est cette très belle œuvre inspirée de Liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix, en hommage aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo.

La BD belge c’est aussi l’école flamande où les plus vieux retrouveront avec plaisir ces bons vieux Bob et Bobette ainsi que leurs copains Jérôme et Lambic. À cette joyeuse bande, vous pouvez ajouter ce curieux personnage que ne désavoueraient pas nos Bougons. Il s’appelle Urbanus et représente ce que la Belgique a de plus thrash à offrir… en terme de dessin, à tout le moins. Créés en 1982, par Willy Linthout, les personnages d’Urbanus sont tordus à souhait et n’évitent aucun tabou. Leur succès est tel en Flandre et aux Pays-Bas, qu’à ce jour, la série compte pas moins de 170 albums (vous avez bien lu).

Vous en voulez plus?

On se précipite au rez-de-chaussée ou se trouve une extraordinaire bibliothèque où vous pouvez relaxer et en profiter pour revisiter un des vieux classiques qui ont charmé votre jeunesse.

Une petite marche en guise de dessert

Avant de retourner à la rue, un passage obligé à la brasserie attenante au musée où on dégustera un demi bien tassé avant d’arpenter les rues de la capitale belge à la recherche d’autres trésors du 9e art.

Comme à Montréal, plusieurs murales ornent Bruxelles mais la plupart sont consacrées aux héros de bandes dessinées. Pour les découvrir, on retournera vers la Grand Place et on marchera dans les petites ruelles de la vieille ville. Si vous avez achetez un guide Routard pour votre voyage au pays des frites, la carte détachable vous indique où les trouver (les murales… et les frites aussi). Sinon, il ne faut pas être grand reporter pour trouver les nombreuses références à ces murales sur le web.

Après un repas bien arrosé, il ne vous restera plus qu’à tomber dans les bras de Morphée, Ric Hochet, Yoko Tsuno, Spirou, Colombe Tiredaile ou Gaston Lagaffe, selon vos goûts et préférences.

Faîtes de beaux rêves!

Infos pratiques

S’y rendre : En sortant de l’entrée principale de la Gare centrale, on va vers la droite sur le boulevard de l’Impératrice qui deviendra le boulevard de Berlaimont. Au premier rond-point on prend à gauche et on descend l’escalier qui nous amène à la rue des Sables.

Entrée : 10 euros pour un adulte, 7 pour les 12-25 ans, 3,50 pour les plus jeunes.

Durée de la visite : Une bonne heure et demie devrait suffire à moins que l’on s’attarde à la bibliothèque du rez-ce-chaussée.

Restaurant : Brasserie Horta. Juste pour le décor, elle vaut le coup!

Boutique: Qu’en pensez-vous?

Réponse au quiz

Les Schtroumpfs ont fait leur première apparition dans une histoire de la série de bande dessinée Johan et Pirlouit, publiée à l’automne 1958, dans le Journal de Spirou. Le feuilleton hebdomadaire d’abord intitulé La flûte à six trous a été rebaptisée La flûte à six schtroumpfs, lors de la publication de l’album.


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