Encore Astana… Et Argon 18!

Descripteur des courses de vélo à RDS et reporter spécialisé en sport amateur, Sébastien Boucher prend la relève de François Parisien pour commenter le dernier tiers du Tour de France sur Polyblogue.

Le Tour de France vu par un Boucher… Étape 15

Par Guy Bertrand

Montréal – À la veille de la dernière journée de congé, les coureurs du 105e Tour de France se disputaient la victoire sur un parcours accidenté de 181,5 km qui les amenaient de Millau jusqu’à la cité médiévale de Carcassonne.

Les premiers à se manifester sont le Français Julian Alaphilippe (Quick Step) et le Colombien Daniel Martinez (EF) dans la côte de Luzençon (catégorie 3). Deux points pour le Français qui bonifie légèrement son maillot à pois.

Warren Barguil (Fortuneo), Adam Yates (Mitchelton) et Gregor Mühlberger (Bora) se détachent du peloton, à leur tour, mais seront repris au km 35.

Six kilomètres plus loin, Peter Sagan (Bora) lance une attaque. Il est rejoint par 28 autres coureurs. L’échappée est formée.

Dans le groupe de tête, Lilian Calmejane (Direct Énergie) tente sa chance en solitaire dans la montée du Col de Sié (catégorie 2). Aisément, il passe au sommet pour aller chercher 5 points de montagne. Calmejane se relève au km 70. Son coéquipier Fabien Grellier s’élance à son tour, bientôt rejoint par Julien Bernard (Trek). Les deux s’affrontent dans le sprint intermédiaire de Mazamet, et c’est Bernard qui s’impose pour 20 points.

Grellier et Bernard sont les premiers à se pointer dans la plus grosse difficulté du jour, le Pic de Nore (catégorie 1), une montée de 12,3 km, à 6,3 %.

Rafal Majka (Bora) se détache du groupe de poursuite et part à la chasse aux meneurs. Derrière, Dan Martin (UAE) s’échappe du groupe des favoris. Majka rejoint le duo de tête à six kilomètres du sommet qu’il passera en tête.

Dans la descente vers Carcassonne, Majka a une avance de 26 secondes sur Bauke Mollema (Trek) et Magnus Cort Nielsen (Astana). Calmejane, Domenico Pozzovivo et Jon Izaguirre (Bahrain-Merida), Mikael Valgren (Astana) de même que Tom Skujins (Trek) suivent immédiatement derrière. Les deux groupes de poursuite font la jonction à 30 km de l’arrivée.

16 km plus loin, Majka est repris. À sept kilomètres de l’arrivée, Izzaguirre, Nielsen et Mollema se détachent du groupe de tête.

À 300 mètres de l’arrivée, l’Espagnol de la Bahrain-Merida lance le sprint mais Nielsen est trop fort. Il imite son coéquipier Omar Fraile, et lui-aussi à son premier Tour de France, va chercher la victoire d’étape.

Pour une deuxième journée consécutive, les vélos québécois Argon 18 obtiennent une belle visibilité.
 

Guy Bertrand : Belle victoire de Cort Nielsen qui a bien joué ses cartes…

Sébastien Boucher : Vraiment, lui et Astana ont bien joué leurs cartes. On savait que Nielsen pouvait grimper, même si ce n’est pas le meilleur grimpeur, mais de suivre Mollema dans l’ascension du Pic de Nore était impressionnant et de pouvoir sprinter à la toute fin, après cet effort, l’était encore plus. Il avait de très bonnes jambes aujourd’hui. Il couvrait toutes les attaques. Il était vraiment un ton au-dessus de tout le monde.

G.B : Si Calmejane avait eu un coéquipier avec lui, tu penses que l’histoire aurait été différente?

S.B : L’histoire aurait été différente mais de là à gagner, je ne pense pas. La présence d’un coéquipier aurait pu l’aider à ramener l’attaque de Nielsen, Izzaguire et Mollema, mais je ne pense pas que cela lui aurait procuré la victoire. J’ai l’impression qu’il courait à l’émotion aujourd’hui. Physiquement il me semblait complètement cuit. Il s’accrochait, il était chez-lui, ce sont ses routes d’entraînement, sa famille était sur le bord de la route… Dans le final, on l’a vu, il a essayé quand même à quatre kilomètres de revenir, mais c’était trop dur pour lui.

G.B : Cette attaque de Martin dans le Pic de Nore, c’était un peu en désespoir de cause.

S.B : On peut le voir comme ça, oui, mais Dan Martin ne défend pas de place au général. Il y a des coureurs qui se satisfont de terminer dans le Top 10 du Tour, lui va continuer à attaquer. C’est ce que j’aime de lui. J’ai hâte de le voir dans les Pyrénées. C’est un coureur qui ne se contentera pas de suivre la roue. Rappelons-nous que l’année dernière il a terminé sixième au général après avoir subi des fractures à deux vertèbres dans la 9e étape. Alors, je m’attends à ce qu’il se donne en spectacle dans la troisième semaine. De là à menacer les trois ou quatre premiers au général, je ne pense pas, mais il va attaquer et c’est bon pour nous, à la description.

G.B : Après une journée de repos, le peloton entrera dans les Pyrénées mardi. Une dernière occasion pour les prétendants au maillot jaune de menacer le duo de meneurs de la Sky.

S.B : Ça fait longtemps qu’on parle des Pyrénées, je pense qu’on va commencer à avoir des réponses à quelques questions. Mardi sera une journée cruciale pour Geraint Thomas (Sky). Il est réputé pour avoir une énorme défaillance sur les grands tours. Il a souvent une journée où il n’aura pas de jambes et où il va perdre énormément de temps. On l’a déjà vu se sortir du général sur des épreuves de trois semaines. En plus, au lendemain des journées de repos, il y a souvent des systèmes qui ne répondent pas chez les coureurs, les jambes peuvent manquer. La bonne nouvelle pour eux est que le début de l’étape est relativement tranquille avant d’entrer dans les Pyrénées en fin de parcours. C’est certain qu’il va y avoir des attaques. Des coureurs comme Tom Dumoulin (Sunweb) et Primoz Roglic (Lotto-Jumbo) qui doivent reprendre du terrain sur Thomas ont de moins en moins de temps pour le faire. Est-ce que Chris Froome (Sky) et Dumoulin vont payer pour leurs efforts du Giro (Tour d’Italie)? Est-ce que Roglic peut suivre le rythme? On ne le connait pas sur une course de trois semaines. Est-ce que Romain Bardet (AG2R) peut revenir dans la course? Je crois qu’on va voir des changements dès mardi au classement général.

G.B : On croit encore à un podium pour Bardet chez AG2R. Partages-tu leur optimisme?

S.B : Non. Il a quatre gars devant lui qui lui sont nettement supérieurs au contre-la-montre individuel, une épreuve qui a été placée à la veille de l’arrivée à Paris. Même si Romain parvenait à reprendre une minute ou deux sur eux dans les Pyrénées, il peut perdre facilement une grosse minute dans le contre-la-montre de samedi prochain. J’aime l’optimisme d’AG2R, ils vont être agressifs, c’est une bonne nouvelle. Mais si Bardet est sur le podium à Paris, c’est qu’il y aura eu de grosses défaillances parmi les quatre premiers.

G.B : Alaphilippe va attaquer les Pyrénées avec le maillot à pois, mais Warren Barguil (Fortuneo) n’est pas loin derrière. Crois-tu à ses chances de le conserver jusqu’aux Champs-Élysées?

S.B : Oui, ses chances sont réelles. Ça va être plus compliqué contre Barguil dans les Pyrénées. Ça va être toute une bataille entre ces deux-là. Alaphilippe a déjà montré sa fierté de porter le maillot à pois, il ne le laissera pas aller facilement, et la Quick Step va travailler pour lui. Mais ça va être difficile parce que Barguil lui est supérieur dans les Pyrénées. Alaphilippe devra être de toutes les échappées, à tous les jours, à partir de mardi. Il aurait avantage à avoir une bonne journée de repos demain.

Sébastien Boucher a entrepris sa carrière professionnelle de journaliste en 2007, à RDS, où il est toujours. Il est descripteur des courses cyclistes du réseau depuis 2013 et a couvert tous les Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal depuis leur création. Originaire de St-Ignace-de-Loyola, le reporter spécialisé en sport amateur, a assuré la couverture de grands événements comme les Jeux olympiques de Londres, les Championnats mondiaux de gymnastiques et plusieurs épreuves des Coupes du monde de ski alpin et de ski acrobatique.
Vous pouvez le suivre sur Twitter.

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